Le grand débat (sous l'égide de l'exécutif) versus le vrai débat (sous l'égide des GJ)

Après le lancement chaotique du "grand débat national" par le gouvernement (et non par la CNDB), la réplique des GJ fut, 2 semaines plus tard, le lancement d'une plateforme intitulée "le vrai débat". La guerre des plateformes est déclarée ! Affaire à suivre...

Le grand débat (plateforme gouvernementale) versus le vrai débat (plateforme des GJ)

Le temps du débat (France culture)

La lettre aux Français du président de la République (in extenso)

La lettre ouverte des GJ au président de la République (in extenso)

Les 4 thèmes proposés par l'exécutif sont : 1. la fiscalité et les dépenses publiques, 2. l’organisation de l’Etat des services publics, 3. la transition écologique, 4. la démocratie et la citoyenneté.

Décret n° 2019-23 du 14 janvier 2019 instituant une mission d'organisation et de coordination du grand débat national

 

Ce grand débat national suscite bien des critiques notamment de la part de la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP).

 

Les 5 garants du GDN

 

Malgré tout, le ministre en charge des collectivités locales, Sébastien Lecornu, a adressé une lettre aux maires afin de préciser les "cadres et les objectifs" du grand débat.

 

Le Conseil économique, social et environnemental (le CESE) organise sa propre consultation.

 

La fabrique des débats publics selon le sociologue Pierre BOURDIEU

L'une des principales revendications des GJ : le référendum d'initiative citoyenne

infographie : Le Parisien

Qu'est-ce que le référendum d'initiative citoyenne ?

 

Il existe cependant le référendum d'initiative partagé mais les conditions de mise en oeuvre sont drastiques. Suite aux revendications des Gilets jaunes, le Parti socialiste tente d'actionner la procédure mais en vain, faute d'un nombre suffisant de parlementaires. Il s'agit de proposer par référendum la restauration de l'ISF.

Gilets jaunes : de quoi leur colère est-elle le nom ?

GJ à Caen, le 17 novembre 2018. Crédit photo Charly TRIBALLEAU, AFP

Présentation des Gilets jaunes par France culture

"Un peu moins de 300 000 gilets jaunes hier [17 novembre 2018] à travers le pays et un mouvement qui allait sans doute se prolonger un peu. Une mobilisation endeuillée par la mort d’une manifestante. L’image de ce millier de personnes se rapprochant de l’Elysée, suivi avec excitation par les caméras des chaines d’info en continu. Des slogans et mots d’ordre divers, de « on n’en peut plus » à « Macron démission ». C’était cela le mouvement des gilets jaunes : une addition de colères, celles de citoyens ordinaires et moins ordinaires, colères agrégées, amplifiées par les réseaux sociaux avant d’être relayés par les médias traditionnels. Un cas d’école de « grass roots » comme disaient les anglo-saxons, des mouvements qui partaient du bas, ne s’appuyaient plus comme jadis sur des syndicats, des partis ou des organisations professionnelles au grand dam de ces derniers qui tentaient malgré tout de ne pas être trop laissés de côté dans cette affaire, de Nicolas Dupont aignan à Jean Luc Mélenchon sans oublier Laurent Wauquiez, Marine Le Pen restant plus prudente… Les Gilets Jaunes ou ce nouvel exutoire anti-taxes, anti-dirigeants, anti-tout, indéfinissable « ras le bol », « colère », « désespoir » parti de la toile, dont on se demandait s’il s’agissait de la version 2018 des jacqueries de l’Ancien Régime, des chemises vertes des années 30, des poujadistes des années 50 et plus récemment des bonnets rouges bretons de 2013, Avant d’écouter aussi ce que nous disaient ces sociologues qui analysaient depuis maintenant pas mal de temps, ce sentiment de déclassement et de décrochage de ces classes moyennes occidentales qui vivaient à la périphérie des villes, de la mondialisation, et de la révolution numérique, qui avaient le sentiment que les services publics fermaient aussi vite que les usines, et qui nourrissait cette résistance à l’impôt. Enfin on se demandait si on n’assistait pas aussi au déferlement d’une colère spécifiquement française, dans ce pays où l’on était si vite déçu par ces dirigeants qu’on élisait en croyant chaque fois à l’homme ou au président providentiel.On entendait, pour finir, l’impuissance de ces dirigeants qui rêvaient de grandes réconciliations nationales sous la bannière bleu blanc rouge ou sous le drapeau européen, et qui ne trouvaient en face d’eux qu’une rouge colère et des gilets jaunes !"

 

Pour une analyse "GJ : le bleu Macron entre dans la zone rouge" par le Pr Arnaud Mercier.

La fiche de présentation du thème n° 3 du GDN

Les questions sont orientées par l'exécutif. Quant à la revendication du RIC, elle est occultée au profit d'un allégement de la procédure du référendum d'initiative partagée.

Qu'en est-il de la démocratie participative ? Parent pauvre de nos institutions

Mais qu'en est-il d'une autre forme de démocratie ? La démocratie participative.

Celle-ci ne s'inscrit pas dans la Constitution en vigueur même si la Charte de l'environnement, évoquée dans le préambule, fait allusion à une démarche participative dans son article 7 : "toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement". (souligné par nous).

 

La démocratie participative est une pratique courante à Kingersheim dans le Haut-Rhin. Des conseils participatifs y sont ainsi mis en place.

Voir les budgets participatifs

 

Attention à ne pas confondre avec la démocratie consultative. Exemple avec une Autorité administrative indépendante (des pouvoirs publics) : la Commission nationale du débat public.

Cette commission s'est surtout fait connaître du grand public lorsqu'il lui fut confié l'organisation du grand débat national, décidé par le président Macron. Or en raison d'une polémique sur les indemnités mensuelles versées à la présidente de ladite commission, celle-ci déclina la mission. Néanmoins la CNDP rédigea un rapport fustigeant la méthode de l'exécutif relative au "grand débat national" (le rapport dans son intégralité).

 

A souligner l'originalité de la loi pour une République numérique, adoptée en 2016, qui lors de sa conception fit l'objet d'une consultation et d'une participation citoyennes.

Le phénomène GJ et ses conséquences